43. Tensions politiques sous le ciel de Marciac
Retour sur les élections législatives des 20 août - 3 septembre 1893 (1)
"Les élections législatives qui eurent lieu le 20 août et le scrutin de ballotage du 3 septembre occasionnèrent dans la population généralement calme une grande agitation. Un vaillant député du Gers dont la notoriété et le talent étaient depuis longtemps apprécié par l'Europe entière, M. Paul de Cassagnac, de Couloumé-Mondébat, près de Plaisance se présentait de nouveau aux suffrages de ses concitoyens : député depuis le 20 février 1876, il n'avait cessé d'être constamment réélu depuis cette époque, malgré une pression officielle éhontée et en dépit des efforts désespérés, et des manoeuvres déloyales et deshonnètes d'une meute de fonctionnaires, serviles instruments d'un gouvernement de baudets et faussaires.
M. de Cassagnac était l'adversaire résolu de la coterie dite opportuniste dont les principaux chefs, Gambetta, Ferry, rançonnaient la France en païs conquis. La Tribune et la presse étaient les deux puissants moyens dont M. de Cassagnac se servait pour attaquer ses ignobles adversaires. La confiance des électeurs lui avait été toujours fidèle jusqu'en 1893. A cette époque les démocrates de l'arrondissement de Mirande résolurent de conivence avec l'administration à faire échouer l'irréconciliable ennemi des jouisseurs opportunistes.
On lui opposa un pauvre et chétif inconnu, besogneux et misérable occupé jusqu'alors comme scribe dans quelque obscur bureau de préfecture d'ailleurs absolument dépourvu de talent, ressassant partout dans une langue incorrecte et barbare une foule de lieux communs et d'utopies vieillottes qu'il débitait dans les réunions électorales au badauds répoublicains qui peuplent l'arrondissement de Mirande. Mais avec l'appui de l'abject préfet du Gers, Baudet, l'obscure candidat dont le nom n'a rien d'intéressant pour l'histoire, parvint à mettre en ballotage M. Paul de Cassagnac, une des illustrations de la tribune française et l'un des plus éloquents, un des plus incisifs et des plus mordants publicistes de ce siècle.
Enfin, le 3 septembre sous la pression la plus ignoble exercée par la fourbe des fonctionnaires sous les manoeuvres les plus louches tramées par la friponnerie du préfet, M. de Cassagnac fut battu, par son minuscule et ridicule concurrent. Ce fut le signal dans tout l'arrondissement de la part de la lie du peuple, cette fine fleur républicaine, de saturnales insensées, d'une joie haineuse et sauvage qui rappelait les plus mauvais jours de l'époque Conventionnelle.
A Marciac, une bande d'ivrognes composée en majeure partie de porte-faix, de manoeuvres, de rodeurs de cabarets parcourut les rues et les places de la ville en braillant le sanc impur et aux vociférations de : Vive la Commune !... " A suivre !
Monsieur le Maire, Louis Carrère fut même publiquement insulté par cet étrange ramassis de chenapans sur l'instigation d'un brutal et rancunier percepteur, le sieur Pierres Daléas, avec l'assentiment d'un pauvre juge de paix, homme sans moeurs, sans considération, sans valeur que l'expropriation avait jeté dans les bras opportunistesde ces deux petits citoyens ; il serait bon d'ajouter le nom d'un notaire louche et fourbe brasseur d'affaires qui se distinguait lui aussi par son insolence et la joie frénétique qu'il montrait et les longues pièces de calicot aux couleurs nationales accrochées à sa maison et qui donnaient à cette dernière le faux air d'un magasin de nouveautés . N'insistons plus sur ces turpitudes, voilons à jamais les masques ciniques. De tous ces ridicules et idiots personnages voués à tout jamais au plus abject mépris de leurs concitoyens.
Quelques jours après les folies qui suivirent les élections les habitants de Marciac commencèrent les vendanges qui furent extraordinairement abondantes comme qualité, quantité et rendements ..."
Voilà un compte-rendu d'élections législatives qui ne manque pas de vocabulaire.
Que ne dirait-on pas pour être élu !!
Quant à l'acceptation du des résultats du scrutin ,ce n'est pas mieux .
Aucune comparaison ,il ne saurait en être de même aujourd'hui.
Rédigé par : Vone | 20 janvier 2012 à 10:52
C'est à voir ! Et si le succès d'une élection dépendait de ce que l'électeur veut entendre ? Les temps s'y prêtent !
Rédigé par : Neuhof | 22 janvier 2012 à 19:44
grâce à la part de l'auteur. .
Rédigé par : casquette new era | 17 mars 2012 à 08:06
grâce à la part de l'auteur. .
Rédigé par : Chanel Wallet | 23 mai 2012 à 09:00