roues libres

La liste

Le rideau est donc tombé sur le G20 et sous les applaudissements unanimes des participants. Tout le monde a donc gagné. Même si dès le lendemain, on peut se demander quel impact réel les décisions prises lors de ce nouveau Bretton Woods, n' ayons pas peur des mots, et leur délai de mise en oeuvre, auront sur la sortie rapide de la crise. Obama n' aura pas raté sa première sortie et la nouvelle pratique du leadership américain aura indiscutablement séduit la communauté internationale. Je ne suis pas sûr qu' il en soit de même pour le deux "bons élèves" du premier rang, Nicolas et Angela, même s 'ils ont pu mettre en avant le succès de leurs revendications exprimées haut et fort et même au delà, avant la réunion du G20. Ils tenaient à leurs "listes", ils les ont obtenues. Ils peuvent sans doute tirer une certaine fierté à avoir réussi à mettre ans la zone grise et donc presque au banc des nations, la Suisse, le Luxembourg et ..Monaco parmi d' autres. Pour quel résultat ? Probablement aucun, sauf celui de réduire encore l' appréciation que les citoyens de ces pays garderont du notre et à les renforcer dans leurs pratiques. Prétendre à vouloir supprimer le secret bancaire relève d' autant plus du voeux pieux d' ailleurs, que les états ne se privent pas d'y avoir recours pour bon nombre d' opérations qu 'il convient de conduire à l' abri des regards.

Il n'y a donc guère d'illusions à se faire à se sujet. Ce qui me gêne d'avantage par contre, c'est de nous voir nous ériger en champions de la transparence et de la propreté, en éradicateurs de la différence, en adorateurs zélés d'une certaine Ordnung régulée et contrôlée que nous préfèrerons toujours à la logique du marché. En publicateurs de listes de coupables aussi, nous autres éternels donneurs de leçons, adeptes depuis Danton de la tolérance zéro et toujours prompts à nous joindre aux pratiquants anciens de la délation et de la prise d'otages. Sarkozy a donné sa ration de riches au peuple affamé. Mais qu' il prenne garde. Comme le dit le philosophe André Comte-Sponville , ne  peut-on pas voir dans l 'excès d' égalitarisme, l' ombre ténue de la dictature ?

03 avril 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

L' âne des Pyrénées

Le tumulte économique et financier ne fait pas que des malheureux ou des impuissants. Bayrou, lui y voit une aubaine: celle de faire entendre sa différence, face à la paralysie des socialistes. Il s' est donc promu tout seul en force de proposition pour le G20 qui se tient cette semaine. Il a des idées sur tout et en particulier sur les Stocks Options, le sujet du moment, dont il reconnaît les mérites pour les entreprises non  cotées mais, qu' il veut supprimer pour les sociétés cotées. Une extraordinaire expression de sa compétence, si l' on sait que la principale difficulté en matière de stock-options de sociétés "privées" c' est justement d' évaluer la valeur de leur action. Puisqu' elles ne sont pas cotées...Cette proposition  fait donc bien rire.

Il suggère également d' interrompre toute relation commerciale avec des entreprises situées dans des paradis fiscaux. Un embargo pire que d'être Irakien sous Saddam, en fait. Il propose également de concert avec la Chine de mettre en place en deux coups de cuillères à peau une monnaie mondiale de référence qui remplacerait le dollar. Comment n'y a-t-il pas pensé plus tôt...

Ce type a des idées et de l' ambition. Il en faut en effet lorsqu' on est un Âne des Pyrénées pour devenir un Crétin des Alpes.

30 mars 2009 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Mieux comprendre les rémunérations de dirigeants de grandes sociétés

Quelques questions pour mieux comprendre la question des rémunérations de dirigeants de grandes sociétés

 

  1. Faut-il plafonner les rémunérations scandaleusement élevées de quelques grands dirigeants ?
    1. Un PDG du CAC 40 qui est rémunéré 1,5 m€ et dirige une société employant 50000 personnes, gagne en effet 100 * le SMIC. Produit-il plus que 100 Smicards réunis ? Difficile à dire, mais probablement oui, hélas. Un productif industriel moyen génère entre 150 et 200000€ de CA par an, la marge opérationnelle de l’entreprise étant comprise en général entre 2 et 5% soit 6000€ par tête. Il est évident qu’ un Président adroit peut par son action personnelle rapporter bien plus que 600000€. Il peut par ses erreurs, coûter beaucoup plus encore. L’ écart entre les rémunérations n’est donc pas un bon indice à prendre en compte du point de vue de la proportionnalité des apports de chacun à la richesse commune.
    2. Il est par contre intéressant de rapporter le coût du PDG par rapport au nombre de ses employés. Un PDG de PME qui emploie 30 personnes et se verse une rémunération raisonnable de 100000€/an pèse de par sa rémunération personnelle pour environ 3000€ par employé. C'est assez considérable : 2 mois de SMIC par collaborateur, mais ce n’est certes pas injuste. Par contre le PDG du CAC 40 qui obtient 1,5 M€ par an et emploie 50000 personnes ne pèse que de 30€ par personne. Limiter sa rémunération à par exemple 500000€ ne « rapporterait » que 20€ par an à chacun de ses collaborateurs. C’est donc parfaitement inutile
    3. Mais faut-il le faire néanmoins pour des questions de paix sociales ou de moralité ? Ce serait oublier que les hauts revenus sont fortement taxés et que c’est à l’impôt qu’il revient la fonction de rééquilibrer les revenus des citoyens libres et égaux en droit. Ce serait oublier aussi, que les hauts revenus sont consommateurs de richesses qui elles-mêmes sont produites et génèrent des revenus
  2. D’accord, mais il n’empêche que tout cet argent ne se justifie pas vraiment par la rareté et le caractère non remplaçable des personnes en cause. Oui et non. Lorsque le moment est venu de choisir un dirigeant, les principaux actionnaires sont toujours devant des choix très difficiles et très risqués. On connaît la performance du sortant, on connaît parfois l’expérience ou la réputation du remplaçant envisagé. Mais la marge d’erreur est toujours très grande si on prend  le risque de sélectionner un candidat moins cher, moins expérimenté, moins introduit et qui ne génère pas la confiance des marchés financiers. Et si les marchés financiers n’ont pas confiance, l’entreprise n’a plus accès à son financement. Elle est condamnée à la stagnation. Dire comme Hamon, hier, que les patrons ne sont ni rares ni irremplaçables est une immense connerie qui en dit long sur le degré de compétence de l’ interessé. Pouquoi faudrait-il payer si cher des chasseurs de tête si c’était si facile

  1. Mais le candidat retenu, s’il est bien payé devrait être content et ne pas demander en plus toutes sortes de parachutes, primes et suppléments. Certes mais ce n’est pas si simple. Vous avez 55 ans, vous êtes confortablement installé dans une entreprise où vous avez fait carrière et on vous propose « le big job » dans une autre société. Formidable, mais c’est un saut dans l’ inconnu. Votre qualité de mandataire social vous rend révocable « ad nutum »   et sans protection sociale. En général, un changement de PDG est provoqué par une situation économique difficile, des changements d’actionnaires, une nouvelle ligne stratégique à définir. Bref de nombreux risques à prendre, avec aucun droit à l’erreur ou presque. Bien évidemment et avant de lâcher la proie pour l’ombre, vous vous entourez de garanties. Sinon, mieux vaut ne pas bouger. En intervenant dans ces questions, le gouvernement risque de profondément modifier les fragiles équilibres et la compétition entre les sociétés. Car bien entendu, ces histoires de parachutes ne s’appliquent pas qu’ aux PDG, mais bien à l’ensemble des cadres supérieurs de toutes les sociétés du monde ou presque, dès lors qu’il y a changement…

  1. Alors il ne faudrait rien changer ? Difficile à dire. Le PDG d’une société est le représentant de ses actionnaires. Il ne devrait avoir de comptes à rendre qu’ à eux, si par ailleurs tous les actionnaires ont bien le pouvoir d’en connaître et de voter ou non rémunérations et packages financiers des dirigeants. Après tout c’est bien mon problème si je préfère recruter un imbécile mal payé plutôt qu’une star hyper-chère. Tout à fait comme au foot. Mais il ya l’ acceptabilité sociale de tout cela. Elle passe idéalement par un effort d’informations, mais ne rêvons pas quand on voit les tombereaux de démagogie déversés par les politiques et les medias. Et aussi par la sanction des comportements les plus abusifs. S’ attribuer des Stock-options sur la base d’un cours historiquement bas, c’est acquérir à bon compte des plus-values faciles et injustifiées. A la décharge de ceux qui ont cédé à ces pratiques, convenons que leurs anciens programmes de SO se sont tous envolé en fumée et qu’il ne s’est trouvé personne dans la presse pour plaindre les PDG qui ont perdu depuis l’an dernier sans que cela soit toujours de leur faute des années d’effort et des Millions d’ € du fait même de la chute des cours de leur action

 

27 mars 2009 dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le lynchage des patrons

Je connais Thierry Morin, l' ex PDG deValeo. Nous avons fait un bout de route ensemble dans une autre vie, sous la férule d'un patron redouté et respecté. Je suis parfaitement révolté par la manière dont il a été publiquement lynché avec une unanimité presque parfaite (hors la presse économique) par les politiques dont la posture de donneurs de leçons en matière de moralité pourrait prêter à sourire, si elle ne protégeait pas à ce point la plus casse des démagogies. Il faut ajouter que la crise d' hystérie de Laurence Parisot sur le même sujet et les amalgames invraisemblables entendus ici et là, ont fini de jeter en pâture à un peuple régicide, ce qu'il restait de la peau des patrons. Les conséquences ont seront très graves.

Thierry Morin a commencé sa carrière chez Valeo il y a 20 ans. Devenu PDG depui 8 ans, il a conduit fermement le développement international de Valeo, tout en ayant à gérer un actionnariat diffus et instable qui faisait d' une entreprise pas vraiment sexy, la cible privilégiée de prédateurs. Il est entré en conflit ouvert avec le fonds américain Pardus qui s'était porté acquéreur sur le marché d'une part significative de son capital et souhaitait qu' il "restructure" plus activement le groupe en le démantelant. Une démarche très éloignée de la stratégie industrielle défendue par Thierry Morin. Contrairement à ce qui é été dit au plus haut niveau, l' état n'est pas intervenu pour recapitalier Valeo qui d'ailleurs ne demandait rien. Le FSI a simplement procédé au rachat de 19 M€ d' actions Valeo sur le marché, ce qui n'a profité qu' aux actionnaires qui souhaitaient céder leurs actions, ces opérations ayant maintenu les cours de Valeo. Au lieu de défendre la postion du PDG, le gouvernement a appuyé un changement de gouvernance de la société, souhaité de longue date par ses actionnaires financiers, afin de réduire les pouvoirs de Thierry Morin, ce à quoi il s'est opposé vainement. Il a donc été purement et simplement éjecté. Nous verrons bien ce qu'il restera désomais de Valeo dans les 3 ans. J 'observe que même la CGT a évité d'accabler Thierry Morin, dont la culture Valeo n 'était pas discutée en interne.

Thierry Morin, mis à la porte, a fait valoir son contrat et les actionnaires ont respecté leur signature. Les 3 M€ qu' il a reçus et qui représentent le maximum autorisé par la loi, soit 2 années de salaire seront frappés d'environ 1,3 M€ d' impôts. La messe est dite. La moralité du capitalisme, c'est d'abord le respect des signatures et des contrats. II est parfaitement scandaleux d'avoir entendu le Président de la République, ses Ministres, l'opposition, la presse et tout ce qui tient un micro dans ce pays étaler sa crasse incompétence, sa stupide démagogie, afin de dresser les victimes annoncées d'une crise sans précédent, contre des boucs émissaires qui seront bientôt scalpés en place publique. Très franchement si j' avais 30 ans aujourd 'hui, je quitterais ce pays.

Tiens bon Thierry.

PS: Gad el Maleh  reçu sous les bravos, une rémunération de 1,5M€ pour sa participation au film Coco. Et c'est très bien. Je suppose qu'il a eu la prudence de ne pas se domicilier fiscalement en France.

 

26 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Faut-il sauver Heuliez ?

La récession économique dans laquelle nous nous enfonçons, met régulièrement en évidence des cas douloureux que les salariés concernés, les syndicats et les politiques utilisent comme autant de plate-formes pour faire valoir leurs revendications. Heuliez, le carrossier des Deux-Sèvres est le rat mort de le semaine. Le métier d' Heuliez, c'était en quelque sorte de répondre avant que la délocalisation ne soit à la mode, au besoin de capacité supplémentaire des constructeurs automobiles, pour des séries de véhicules plus courtes, des carrosseries spéciales ou des sous-ensembles complets.

Heuliez, comme Pininfarina en Italie et bien d'autres, a vu sa position être de plus en plus menacée, à la fois par des méthodes d'assemblage plus flexibles qui autorisent les constructeurs à prendre en compte sur leurs lignes normales et à moindre coût, des carrosseries spéciales, ainsi que par la concurrence des pays à coût de main d'oeuvre faible. Ce n'est pas la "crise" qui tue Heuliez. Celà fait plusieurs années qu' Heuliez lutte presque sans espoir en effet, pour sa survie, en tentant de développer une technologie qui lui est propre (toits des coupés-cabriolets), en présentant des véhicules spéciaux, puis en utilisant des fonds qui lui ont été alloués par la Région Poitou-Charente pour développer des véhicules électriques, dont Ségolène Royal s'est faite la championne. Avec un programme ambitieux, puisqu' elle avait fixé à cette entreprise l'objectif  totalement irréaliste de produire un véhicule à 5000€. Un miracle de plus à mettre à son actif et que le manangement de la société acculé au précipice avait fait semblant d' accepter. Le prototype présenté revient en fait à 14000€, ce que n'importe quel ingénieur même pas compétent aurait pu prévoir. Qu 'à celà ne tienne, on subventionnera donc les acheteurs.

Donc pour sauver 1000 emplois de l' inévitable, on a subventionné aec de l' argent public, un véhicule strictement invendable, qu'il faudra subventionner pour en vendre néanmoins à quelques entreprises publiques ou collectivités locale de la Région Poitou-Charentes, afin de maintenir non pas 1000, mais peut-être 100 ou 200 emplois pendant quelques années de plus, avant l'extinction des feux.. Lorsque les politiques de droite ou de gauche d'ailleurs, se mêlent de redéfinir les stratégies d' entreprises en difficulté, l' histoire a déjà été écrite mille fois. L' échec est au bout d 'un chemin pavé de subventions, de dettes et de promesses non tenues. Le courage en politique comme en économie, c'est aussi de savoir dire stop. A condition, bien entendu, que l' on comprenne une fois pour toutes, que la finalité d'une entreprise n'est pas de créer de l'emploi. Elle est de trouver un marché et de réaliser des profits, la création d'emploi étant la conséquence de ce préalable et non pas l'inverse.

24 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

La F1 enfin

Dans une semaine, le grand cirque polluant et bruyant mais dont je me régale depuis qu'il existe, reprendra le chemin des pistes et de nos écrans du dimanche. Je vous sais tous fanas et c'est donc avec plaisir qu' anticipant sur vos demandes, je m'en vais vous fournir le détail des principales modifs attendues cette année sur les voitures et le Championnat. Une véritable révolution qui en précède d'ailleurs d'autres à venir.

  1. Gros changements en  aéro qui ont impliqué en pratique de tous nouveaux développements de chassis et qui laissent de nombreuses zones d'incertitudes à bon nombre d'écuries . L 'idée c'est de rendre les voitures moins stables, donc moins rapides, en diminuant l' aileron arrière et en le réhaussant, tout en augmentant largement la trainée de l' aileron avant. Survirage et têtes à queue attendus.
  2. Les pneus perdent leurs rainures, s'élargissent à l'avant. Il faut utiliser les deux variétés proposées lors de chaque course. Même objectif que le précédent
  3. Les moteurs voient leur régime de rotation limité à 18000t/m. 8 moteurs par voiture et par saison. Pas de tests durant la saison. Une électronique standard est fournie aux équipes. L 'anti-patinage et autres sorcelleries restent interdits. Pour mémoire une F1 pèse 605 kg au moins et passe de 0 à 100km/h en 2,5 sec. Elle freine de 300 à 200 km/h en 40 m. 5G négatifs pour le pilote qui perd 2kg par GP dans un cockpit à 50°.
  4. Le Kers ou Srec (Système de récupération de l' énergie cinétique). C'est la grande nouveauté de l' année. Un système complexe qui récupère de l' énergie et la stocke pendant la phase de freinage et la redistribue à la demande du pilote. L' équivalant de 80 ch de plus pendant quelques secondes, en appuyant sur un bouton. C'est pas sûr, lourd et pas complètement maîtrisé par toutes les équipes qui n'en seront pas toutes équipées au moins au début de saison. C'est aussi la contribution de la F1 à l' écolomania.
  5. Le champion du Monde sera le pilote qui aura gagné le plus de courses même s'il n'a pas le plus de points. (cf Massa Hamilton en 2007)

Il me reste une semaine pour préparer mon baquet

21 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Nous sommes tous des Papes allemands

Notre société hypermédiatisée, formatée au politiquement correct, à la compassion zappeuse, et à l' humanitaire-business par des leaders d' opinion en plastique, n' autorise donc plus le Primat des catholiques à s' exprimer, comme il en a le devoir, afin de rappeler à ses fidèles, les fondements du dogme dont il a la charge. Lorsqu' il le fait, il s' adresse pourtant d' abord et surtout à des catholiques. Ceux-ci sont d' ailleurs libres, comme ils le sont de leurs pratiques religieuses personnelles, de l' écouter et de le suivre,  ou bien de s' arranger avec leur conscience .... Ils savent par contre quel chemin idéal leur est proposé, même s' il est difficile, voire impossible à suivre. Ils peuvent aussi changer de religion, de pratiques, devenir libres-penseurs, athées ou agnostiques. Mais le Pape est dans son rôle de Pape.

Et bien le voici à nouveau  accusé de tous les maux du monde, j'ai même entendu de "non assistance à personnes en danger", lorsque sans que celà constitue une quelquonque novation, il rappelle l' attachement  de l' Eglise à la stabilité familiale et son opposition au "vagabondage sexuel" pour employer un terme à la mode. Il n'en fallait pas plus pour que la voix des bien-pensants, généralement très représentée dans les médias ou les cercles de pouvoir, s 'empare des micros pour régler ses comptes et pousser des cris en associant les dernières déclarations d' un pauvre Pape allemand, bien entendu, totalement sorties de leur contexte, à d'autres évènements malheureux survenus récemment, mais dont en aucun cas on ne saurait l' accuser. Même Juppé, décidément très en verve en ce moment, s'y est mis.

Le Pape est-il donc désormais condamné à se taire ? Cet intellectuel dont l' extrême culture, l 'élévation de la pensée et la profondeur des convictions sont unanimement soulignées par ceux qui ont pris la peine de le lire et qui mérite respect et admiration, n'est certainement pas le meilleur communicateur du moment. Difficile en effet de le faire descendre au niveau des pâquerettes. Mais au nom de qui et de quoi, ceux qui ne sont ni croyants ni catholiques et qui le revendiquent librement, ce qui est parfaitement leur droit, s'arrogeraient-ils aussi celui de jeter des anathèmes sur une religion qui n'est pas la leur et dont ils ont rejeté les fondements moraux ou sociaux ? Et dans quelle intention d'ailleurs ? Ajoutons que si ces propos n'ont pas scandalisé qu'en France, la fille aînée décidément bien dévergondée de l' Eglise, on n' attend pas d' elle, il me semble, qu' elle la pousse davantage sur le trottoir.

19 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Indépendantisme assisté

Domota, le leader charismatique guadeloupéen en est la représentation la plus visible. L’ indépendantisme n’est plus ce qu’il était. Les idéaux généreux qui prévalaient encore il y a quelques années dans nos provinces ou territoires « opprimés » n’ont plus court et pour cause. Ceux qui les proclament encore savent bien qu’ils ne seront pas écoutés. Qui préfèrerait aujourd’ hui renoncer à la Sécu, à l’ ANPE et au RMI, contre la vague promesse de matins qui chantent, mais sans le coq. Tous savent bien, à l’expérience des autres que ces matins seraient inévitablement ceux des corrompus et des maffieux.

Domota est fonctionnaire. Il est le Directeur Adjoint de l’ ANPE locale. Il est donc rémunéré par la République. Probablement insuffisamment d’ailleurs, puisque son pouvoir étant désormais bien supérieur à celui du Préfet, ses émoluments devraient en tenir compte. Je n’entrerai pas ici dans le fond du débat, sans nier néanmoins que bien des revendications exprimées par les Guadeloupéens étaient justifiées. Mais pas les méthodes qui ressortent à l’ évidence des traditions les plus éprouvées du militantisme autonomiste. Comment peut-on accepter qu’ un fonctionnaire puisse dans ses harangues menacer à ce point l’ ordre public et les lois de la République ? Comment peut-on justifier les pressions, les menaces et le racket  des entreprises privées par des visiteurs en T-shirt badgé.

Plus généralement, ce qu’ il nous faut bien constater, c’est un schisme original qui s’installe entre les Français et la France. Les Français n’aiment pas les Français mais aiment la France. Ca on le savait. Ce que nous n’avions pas suffisamment apprécié jusqu’ à présent par contre, c’est que nos concitoyens des DOM des TOM et autres territoires du bout du monde que nous entretenons à grand frais se revendiquent désormais comme Français tout en faisant en sorte de virer tout ce qui vient de France, sous une autre forme que de l’ argent public au prétexte d’esclavagisme et d’ oppression et de territorialité ancestrale.  Et dans le même temps, en Métropole une majorité se fait jour qui pose de plus en plus ouvertement la question de l’ intérêt pour la République de conserver en son sein des territoires dont la vocation à siphonner nos poches apparaît de plus en plus évidente en temps de crise. Avons-nous réellement besoin de Mayotte...et de la Corse ?

Un curieux renversement qui ne présage pas grand-chose de bon pour la paix sociale mais nous garantit  par contre de payer éternellement la facture du colonialisme sans avoir en contrepartie au moins, le droit d' imposer les lois de la République, cette pêcheresse décidément impardonnable.

06 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tracteur à hydrogène

La présentation par la filiale Agri de Fiat, New Holland, d'un prototype de tracteur à hydrogène susceptible d'être commercialisé en 2010 est un évènement très interessant à deux titres. Le bilan carbonne de notre chaîne alimentaire est en effet assez lourdement affecté par l' usage pas toujours modéré des engins agricoles. Proposer un tracteur qui ne produit que de la vapeur d'eau est une bonne nouvelle en soi. Tracteur électrique qui plus est, donc moins bruyant pour la sérénité de nos campagnes. Comment ça marche ? C'est une pile à combustible qui assure la production autonome de l' énergie nécessaire à la propulsion. Une pile à combustible fonctionne à l'inverse de l' électrolyse de l' eau pure en combinant des ions hydrogène avec une molécule d' oxygène, produisant électricité et vapeur d'eau. (Principe de fonctionnement) Deux difficultés: l' hydrogène, un gaz difficle à produire et dangereux à stocker et à transporter et la membrane de catalyse qui utilisant notamment du platine est extrêmement coûteuse donc impossible à fabriquer en grande série. Ces limitations interdisent à court ou moyen terme, l'utilisation des PAC dans nos véhicules, mais peuvent la rendre crédible pour des utilisations agraires ou des installations de moteurs fixes.

Les grands hangars des exploitations agricoles peuvent en effet être équipés de panneaux solaires alimentant des électrolyseurs susceptibles de produire localement de l' hydrogène, ce qui, on en conviendra, ne serait pas très facile dans des sous-sols de pavillons de banlieue. Le nombre relativement faible d'engins permet également de se satisfaire des coûts et limitations de production des membranes de PAC. Une bonne nouvelle pour la planète.

 

23 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Que les gros salaires lèvent le doigt

La crise économique dans laquelle nous nous enfonçons est bien entendu l’occasion d’une remise en question des pratiques en vigueur et des dérives qui ont été constatées tout particulièrement en matière de rémunérations des hauts responsables salariés des grands groupes notamment financiers. La moyenne des rémunérations des patrons du Cac 40 s’est établie en brut en 2007 à 2,5 M€/an et toutes primes est bonus compris, à peu près au double de ces montants. Ce qui n’est pas mal mais, ajoutent les intéressés, néanmoins très inférieur aux rémunérations pratiquées ailleurs etc…La première idée qui vient à l’esprit dans un pays comme la France est d’intervenir par la loi pour moraliser le système soit-disant incapable de se modérer tout seul. Et de citer l’exemple des américains, déclarés cette fois vertueux et qui ont limité à 500000$ la rémunération des patrons des banques US en faillite qui ont eu recours à l’ Oncle Sam pour se renflouer. Ce que l’on oublie cependant d’ ajouter, c’est que à cette rémunération très modique en effet, viennent s’ajouter de confortables distributions d’actions gratuites qui permettront, sans nul doute aux intéressés de récupérer de belles plus-values, s’ils parviennent à se désembourber. Rien de bien nouveau donc, sinon une présentation en effet plus morale d’un système dont la compréhension échappe en général à la majorité de ceux qui sont amenés à en juger.

La vraie question, une fois de plus posée et celle des effets collatéraux d’un interventionnisme étatique supposé corriger les excès d’un capitalisme débridé. Le premier constat que l’on peut faire à se sujet est que le capitalisme s’est une fois de plus corrigé tout seul. Certes au prix d’une grosse casse, mais pouvait-il en être autrement ? La crise n’ est-elle pas en effet une sanction auto-infligée par le système aux excès de ceux qui ont cru pouvoir faire monter les arbres jusqu’ au ciel ? S’agissant des hautes rémunérations, il est très intéressant de constater que les effets d’une législation favorisant plus de transparence afin de « moraliser » davantage cet épineux sujet, ont été diamétralement opposés  à l’objectif recherché. Le législateur espérait en effet qu’ en se trouvant obligés de publier leurs rémunérations avec leurs comptes annuels, les dirigeants des groupes cotés se trouveraient engagés dans un cercle vertueux où la pudeur et un minimum de sens de leurs responsabilités les amèneraient à se modérer eux-mêmes. Et c’est tout le contraire qui s’est produit. Et comment pourrait-il en être autrement dans un monde où la règle du jeu est la compétition et où l’argent n’est pas tant un indice de satisfaction personnelle qu’ une unité de mesure, un système de classement. Si vous êtes sorti dans la botte de l’ ENA, de l’ X en triomphant d’un parcours d’obstacle et que vous vous retrouvez patron d’une société cotée dont vous estimez avoir très correctement assuré le développement, comment pourriez-vous accepter que votre rémunération ne soit pas le reflet de cette performance et ne vous rétablisse pas dans le classement que vous estimez être le votre, parmi vos pairs. On en voit aujourd’hui bien les effets désastreux, dont très clairement l’Etat se trouve être à l’origine, par sa volonté permanente d’intervenir, de réguler, de contrôler et de créer par la force des choses, des effets strictement contraires aux objectifs louables qui étaient recherchés.

 

A lire sur ces sujets : 4 millions d' €, le prix de ma liberté par Pierre Bilger (ancien Président d' Alstom)

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17 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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