Je ne pense pas qu'il soit possible à un homme de mentir lorsqu'il prononce des phrases comme celles-ci et que je n'avais jamais entendues auparavant dans la bouche d'un homme politique croyant ou non. Hollande a raison. Il y a une nette tendance au communautarisme chez Sarkosy.
“J’ai changé quand j’ai lu à Tibhirine le testament bouleversant de frère Christian, enlevé puis égorgé par des fanatiques avec six autres moines de son monastère. Le GIA avait prévenu : « nous égorgerons ». On retrouva les sept têtes des moines suppliciés sans leurs corps.
Deux ans auparavant cet homme de charité avait par avance pardonné à son assassin : « s’il m’arrivait un jour d’être victime du terrorisme, (…). Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui les enfants de l’Islam tels qu’il les voit (…). Et toi aussi l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui pour toi aussi je le veux, ce Merci, cet « ADieu » (…). Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis s’il plaît à Dieu notre Père à tous deux ! » Par son humanité immense, par sa volonté de rassembler les hommes le frère Christian fait honneur à la France laïque et républicaine.A Tibhirine j’ai compris ce qu’est la force invincible de l’amour et le sens véritable du mot « tolérance ».
A Tibhirine le frère Christian m’a enseigné, par-delà la mort, que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand ce qu’elles peuvent engendrer de pire, que les extrémismes et les intégrismes ne doivent jamais être confondus avec le sentiment religieux qui porte une part de l’espérance humaine.
Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde. Nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé.
La laïcité à laquelle je crois, ce n’est pas le combat contre la religion. C’est le respect de toutes les religions.”
Nicolas Sarkozy le 14 janvier 2007
S’ il m’arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd’ hui -
d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant
tous les étrangers vivant en Algérie,
j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille,
se souviennent que ma vie était DONNEE à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie
ne saurait être étranger à ce départ brutal.
Qu’ils prient pour moi :
comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ?
Qu’ils sachent associer cette mort
à tant d’autres aussi violentes
laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre.
Elle n’en a pas moins non plus.
En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.
J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal
qui semble, hélas, prévaloir dans le monde,
et même de celui-là qui me frapperait aveuglément
J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité
qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu
et celui de mes frères en humanité,
en même temps que de pardonner de tout cœur
à qui m’aurait atteint.
Je ne saurais souhaiter une telle mort.
Il me paraît important de le professer.
Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir
que ce peuple que j’aime soit indistinctement
accusé de mon meurtre.
C’est trop cher payer ce qu’on appellera,
peut-être, « la grâce du martyre »
que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit,
surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’Islam.
Je sais le mépris dont on a pu entourer
les Algériens pris globalement.
Je sais aussi les caricatures de l’ Islam
qu’encourage un certain islamisme
Il est trop facile de se donner bonne conscience
en identifiant cette voie religieuse
avec les intégrismes de ses extrémistes.
L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose,
c’ est un corps et une âme.
Je l’ai assez proclamé, je crois,
au vu et au su de ce que j’en ai reçu,
y retrouvant si souvent ce droit-fil conducteur de l’Evangile
appris aux genoux de ma mère, ma toute première Eglise,
précisément en Algérie, et déjà,
dans le respect des croyants musulmans.
Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison
à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste :
« Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! »
Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée
ma plus lancinante curiosité.
Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu,
plonger mon regard dans celui du Père,
pour contempler avec lui Ses enfants de l’Islam
tel qu’Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ,
fruits de sa Passion, investis par le Don de l’Esprit
dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion
et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur,
je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière
pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.
Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie,
je vous inclus bien sûr, amis d’ hier et d’ aujourd'hui,
et vous, ô mes amis d’ ici, aux côtés de ma mère et
de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs,
centuple accordé comme il était promis !
Et toi aussi, l’ ami de la dernière minute,
qui n’ auras pas su ce que tu faisais.
Oui, pour toi aussi je le veux, ce MERCI,
et cet « A-DIEU » en-visagé de toi.
Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux,
en paradis, s'il plait à Dieu, notre père à tous deux. AMEN !
Incha Allah
Tibhirine, 1er janvier 1994
Christian de Chergé
"Pardonne à tes ennemis, mais souviens-toi de leurs noms" JF Kennedy

légitime la défence ,et les petits pieds bien posés sur le sol ....
Rédigé par : un chouka | 17 janvier 2007 à 09:45
I Le huitième mort de Tibhirine I http://8e-mort-tibhirine.blogspot.com I Qui a tué Didier Contant I http://quiatuedidiercontant.blogspot.com/
Le huitième mort de Tibhirine
Rina Sherman
Préfacé d’Antoine Sfeir
« Devant ce travail colossal, minutieux, on ne peut que s'incliner… »
Communiqué de presse
15 février 2004. Didier Contant, journaliste indépendant, est victime d'une chute mortelle depuis le balcon d'un immeuble parisien. La police conclut hâtivement à un suicide. Pourtant des interrogations subsistent. Au moment de sa mort, celui qui fut rédacteur en chef de l'agence Gamma, était harcelé par des confrères qui faisaient tout pour torpiller sa dernière enquête sur l'assassinat en 1996 des sept moines trappistes de Tibhirine. Ils l'accusaient de travailler pour les services secrets algériens et français, le discréditaient auprès du journal qui devait publier son enquête. Profondément atteint dans sa réputation et son honneur, Didier Contant ne supporte pas la calomnie et meurt dans des circonstances troublantes. Un seul journaliste posera la question de la responsabilité de ses confrères de Canal + dans sa mort : Jean-François Kahn dans l'hebdomadaire Marianne. Ce dernier sera condamné une première fois pour diffamation. Il vient de gagner le procès en appel qui établit un lien direct entre les agissements de ces journalistes de Canal + et la mort de Didier Contant. La compagne de ce dernier raconte dans Le huitième mort de Tibhirine, l'irresponsable et abject comportement de ceux qui voulurent détruire Didier Contant et qui réussirent au-delà de ce qu'ils pouvaient imaginer. Il s'agit d'un témoignage poignant. Le cri d'une femme qui n'accepte pas la version officielle, qui se bat pour la mémoire de celui qu'elle aimait et qui entend faire éclater la vérité.
Trois questions à Rina Sherman, auteur du livre Le Huitième Mort de Tibhirine :
Pourquoi avoir voulu écrire ce livre ?
Pour répondre à l’éthique qui consiste à respecter l’identité et la dignité de l’autre, quel qu’il soit, respect qui entend la liberté d’expression et le droit à la justice de toute personne comme un des droits fondamentaux de l’être humain.
N'avez-vous pas peur qu'on prenne votre livre comme une sorte de règlement de compte ?
Il y a mort d’homme. La brigade n’a pas voulu enquêter en profondeur. La magistrature n’a pas voulu poursuivre l’enquête. Les journalistes n’ont pas voulu en parler. Les avocats ont fait corps autour de leurs confrères. Faire sortir la vérité et demander que justice soit faite sont des exigences auxquelles tout être humain a droit.
L'histoire que vous racontez est bouleversante. Il vous a fallu beaucoup de courage pour l'écrire ?
Pour ne pas s’égarer, voire se laisser sombrer dans l’abîme, il faut pouvoir se regarder en face en toutes circonstances ; cela ne demande pas du courage, mais constitue l’essentiel d’un être d’esprit.
Commander :
France : Editions Tatamis : http://www.tatamis.fr/sites/journalisme/page/page.php/id/111235/l/Se%20procurer
Algérie : Editions Lazhari Labter : lazharilabtereditions@gmail.com
Rédigé par : Rina Sherman | 15 juillet 2007 à 17:29
Rédigé par : Joel Conell | 05 janvier 2012 à 10:13