Notre société hypermédiatisée, formatée au politiquement correct, à la compassion zappeuse, et à l' humanitaire-business par des leaders d' opinion en plastique, n' autorise donc plus le Primat des catholiques à s' exprimer, comme il en a le devoir, afin de rappeler à ses fidèles, les fondements du dogme dont il a la charge. Lorsqu' il le fait, il s' adresse pourtant d' abord et surtout à des catholiques. Ceux-ci sont d' ailleurs libres, comme ils le sont de leurs pratiques religieuses personnelles, de l' écouter et de le suivre, ou bien de s' arranger avec leur conscience .... Ils savent par contre quel chemin idéal leur est proposé, même s' il est difficile, voire impossible à suivre. Ils peuvent aussi changer de religion, de pratiques, devenir libres-penseurs, athées ou agnostiques. Mais le Pape est dans son rôle de Pape.
Et bien le voici à nouveau accusé de tous les maux du monde, j'ai même entendu de "non assistance à personnes en danger", lorsque sans que celà constitue une quelquonque novation, il rappelle l' attachement de l' Eglise à la stabilité familiale et son opposition au "vagabondage sexuel" pour employer un terme à la mode. Il n'en fallait pas plus pour que la voix des bien-pensants, généralement très représentée dans les médias ou les cercles de pouvoir, s 'empare des micros pour régler ses comptes et pousser des cris en associant les dernières déclarations d' un pauvre Pape allemand, bien entendu, totalement sorties de leur contexte, à d'autres évènements malheureux survenus récemment, mais dont en aucun cas on ne saurait l' accuser. Même Juppé, décidément très en verve en ce moment, s'y est mis.
Le Pape est-il donc désormais condamné à se taire ? Cet intellectuel dont l' extrême culture, l 'élévation de la pensée et la profondeur des convictions sont unanimement soulignées par ceux qui ont pris la peine de le lire et qui mérite respect et admiration, n'est certainement pas le meilleur communicateur du moment. Difficile en effet de le faire descendre au niveau des pâquerettes. Mais au nom de qui et de quoi, ceux qui ne sont ni croyants ni catholiques et qui le revendiquent librement, ce qui est parfaitement leur droit, s'arrogeraient-ils aussi celui de jeter des anathèmes sur une religion qui n'est pas la leur et dont ils ont rejeté les fondements moraux ou sociaux ? Et dans quelle intention d'ailleurs ? Ajoutons que si ces propos n'ont pas scandalisé qu'en France, la fille aînée décidément bien dévergondée de l' Eglise, on n' attend pas d' elle, il me semble, qu' elle la pousse davantage sur le trottoir.
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