roues libres

L' âne des Pyrénées

Le tumulte économique et financier ne fait pas que des malheureux ou des impuissants. Bayrou, lui y voit une aubaine: celle de faire entendre sa différence, face à la paralysie des socialistes. Il s' est donc promu tout seul en force de proposition pour le G20 qui se tient cette semaine. Il a des idées sur tout et en particulier sur les Stocks Options, le sujet du moment, dont il reconnaît les mérites pour les entreprises non  cotées mais, qu' il veut supprimer pour les sociétés cotées. Une extraordinaire expression de sa compétence, si l' on sait que la principale difficulté en matière de stock-options de sociétés "privées" c' est justement d' évaluer la valeur de leur action. Puisqu' elles ne sont pas cotées...Cette proposition  fait donc bien rire.

Il suggère également d' interrompre toute relation commerciale avec des entreprises situées dans des paradis fiscaux. Un embargo pire que d'être Irakien sous Saddam, en fait. Il propose également de concert avec la Chine de mettre en place en deux coups de cuillères à peau une monnaie mondiale de référence qui remplacerait le dollar. Comment n'y a-t-il pas pensé plus tôt...

Ce type a des idées et de l' ambition. Il en faut en effet lorsqu' on est un Âne des Pyrénées pour devenir un Crétin des Alpes.

30 mars 2009 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)

Taille patron

Il n'y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l'acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers.

Le courage, pour l'entrepreneur, c'est l'esprit de l'entreprise et le refus de recourir à l'État ; pour le technicien, c'est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel

ou le directeur d'usine, c'est la défense de la maison ; c'est, dans la maison, la défense de l'autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l'ordre. Dans la moyenne entreprise, il y a beaucoup de patrons qui sont eux-mêmes leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître, et ils ont, avec la fatigue du corps, le souci de l'esprit, que les ouvriers n'ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue, ils ne sont pas à l'abri d'une faillite qui peut détruire en un jour la fortune et le crédit d'un industriel. Entre tous les producteurs, c'est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu'à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de revient des marchandises, ils descendent même au-dessous des prix de revient, ils sont obligés d'accorder des délais de paiement démesurés qui sont, pour leurs acheteurs, une marge ouverte à la faillite, et s'il leur survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.

Lorsque les ouvriers accusent les patrons d'être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d'argent pour s'amuser, ils ne comprennent pas bien l'âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s'amusent, mais ce qu'ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c'est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donneront pas une jouissance de plus : en tout cas, ce n'est point surtout à cela qu'ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n'est pas perdue, qu'il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards, il est sorti quelque chose, et que leur puissance d'action s'est accrue. Non, en vérité, le patronat, tel que la société le fait, n'est pas une condition enviable. Et ce n'est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice.”

Jean Jaurès, le 28 mai 1890

dans “la Dépêche de Toulouse

17 février 2009 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Chapter 11

corbillard US  A en croire les commentateurs, l' industrie automobile américaine serait entièrement coupable de l' état de déliquescence avancée dans la quelle elle se trouve. Elle aurait persisté, en effet, à produire avec aveuglement de gros véhicules polluants devenus soudainement invendables. Elle n' aurait donc à s' en prendre qu' à elle-même si elle se trouvait contrainte à recourir à la protection du Chapter 11 (loi américaine sur les faillites). Outre l' effet de dominos catastrophique que cette issue fatale aurait sur l' économie mondiale et dont personne, comme pour la crise financière, ne peut réellement quantifier les conséquences à moyen long terme, il est certain qu' une fois de plus, c 'est au messager qu' on s' en prend  parce lorsqu' il apporte les mauvaises nouvelles.

Certes les constructeurs automobiles américains se sont montrés imprévoyants. Mais pouvait-il en être autrement avec un carburant très peu taxé par un gouvernement fédéral qui veillait jalousement à maintenir le prix du gallon le plus bas possible, tout en refusant toutes les mesures restrictives susceptibles de limiter les effets d' une économie carbone. Quant aux consommateurs, ils ont généralement refusé toutes les tentatives d' introduction sur le marché américain de modèles de type européen même ceux  conçus par leurs propres filiales pour les marchés européens, tandis que de nouveaux entrants japonais puis coréens, venaient saper encore leurs position concurrentielle. La crise pétrolière purement spéculative qui n' a pu être éteinte provisoirement que par l' explosion des marchés financiers a certes provoqué la prise de conscience tardive des décideurs politiques. Et ceux-là  sont bien plus adroits que des industriels dans la manipulation de l' opinion. Mais avec des objectifs  encore plus cout-termistes, puisqu' ils s' arrêtent à l' horizon de leurs prochaines élections. Pour guérir la planète et punir en les faisant disparaître, les témoins irresponsables de leur propre incurie, ils proposent donc de laisser mourir leur industrie qui se transportera naturellement, pour y renaître, dans des pays moins scrupuleux. Ceci au prix de sacrifices, cette fois meurtriers et irrémédiables sur l' emploi dans nos vieilles économies. C' est la loi d' airain du capitalisme libéral, dont on aimerait qu' elle s' applique également à ceux qui la revendiquent le plus fort.

Entre le premier coup de crayon d' une nouvelle automobile et la sortie de la dernière unité produite, il s' écoule environ 12 ans. On reproche à cette industrie, de ne pas être capable de s' adapter en 6 mois, alors même que les technologies susceptibles, de manière réaliste au double point de vue des performances et des coûts, de remplacer efficacement les carburants fossiles, ne sont même pas visibles à l' échéance des 10 ou 20 prochaines années. Certes, il nous faudra une bonne dose de volontarisme et des objectifs élevés pour y parvenir et l' action des pouvoirs publics est à ce point de vue, indispensable. Sauf si elle se limite à une marche forcée vers une fosse commune, avec un fusil dans le dos.

20 novembre 2008 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les Catacombes ? Au bout du couloir à gauche.

En revenant sur son engagement à ne pas donner de consignes de vote, pour la désignation du futur(e) secrétaire du PS, et en appelant à voter Aubry au lendemain d' un éprouvant Congrès de Reims, Bertrand Delanoë a probablement tiré un trait sur son avenir politique. En trahissant ses propres engagements ainsi que  ses propres soutiens, il ne crée certes pas de précédent original. Par contre en renonçant à ouvrir le PS à la modernité, comme il avait tenté de le faire en définissant les contours d' un "libéralisme social", il laisse définitivement le champ libre à Ségolène et à ses futurs alliés centristes. Quant au PS, le voici condamné, sauf improbable sursaut, à s' enfoncer, sous la férule de la dame des 35 heures, dans des archaïsmes que tous les partis de gauche européens, sauf le notre, ont su dépasser. Et paradoxalement à ouvrir en grand, les portes du pouvoir à un social libéralisme à la française, dont justement Nicolas Sarkozy est en train de définir les contours, avec l 'aide de ses alliés Gordon Brown et José Luis Zapatero.

18 novembre 2008 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le gros Bovidé...

asterix_jose_bove Malgré les cris d'orfraie de la bienpensance de droite, de gauche et de la diagonale traversière, le véritable évènement scandaleux de la journée n'est certainement pas la visite officielle du 'Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste". Surtout si le Guide de la grande révolution etc... repart avec un caddie rempli. Non le véritable évènement scandaleux de la journée c'est que le gros Bovidé a réussi à payer 4 mois de prison ferme en tickets restaurant . Et que mécontent le guide de la grosse bouffe populaire et socialiste a décidé d' entamer une grève de la faim. Mais après les fêtes quand-même, histoire de faire baisser un taux de cholestérol qui commence à préoccuper son médecin au gros Bovidé. Je plains les frères de Rachida Dati qui n'ont pas eu droit eux à cette interprétation libérale de la fermeté.

10 décembre 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

BHL vs Kadhafi

KadhafiOn tape "BHL Kadhafi" et Google nous donne 72000 citations ce soir. Vous vous rendez compte, 72000...Probablement 100000 la semaine prochaine. On n' entend plus que lui. Il était là tout décoiffé et tout énervé notre philosophe officiel, au 20h de la 2, à nous expliquer tout le mal qu'il pensait de la real politik à la Sarko. BHL c'est l'opposition à lui tout seul aujourd'hui. Et sur des thèmes d' importance, comme la visite de Kadhafi venu à Paris cette semaine nous acheter quelques Rafale pour remplacer leurs vieux Mirage (ah bon ?). Il était d'ailleurs intéressant de voir dans le même journal des représentants de l' association de défense des victimes du vol UTA qui eux, pensaient que le moment était venu de permettre à la Lybie de retrouver une place dans le concert des Nations. BHL,  lui pense que son concert à lui se joue en solo et comme la place est à prendre, le voici promu premier violon. Le son de ses  pizzicati ciselés couvre aisément depuis quelques jours,  la grosse caisse d' un Hollande essoufflé à peine remis des révélations de son ex et la cloche pastorale d'un Bayrou...Pour les adjectifs, se référer également à l' appréciation de Ségolène qui nous fait cette semaine un come-back réussi. La preuve, je me suis endormi dès que Chabot a arrêté de lui poser des questions gênantes, croustillantes et personnelles l' autre soir. Sex and politics il n'y a que çà de vraiment intéressant. Et là reconnaissons que Ségolène et Sarko sont des Sexperts.

09 décembre 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Les "pas nous, pas nous"

pas nous Intéressante la réaction des socialistes à l' annonce de la mise en examen de notre ancien Président. Tous plus contrits les uns que les autres. Désolés même de ce qui arrive si tard à ce grand homme. Y compris Montebourg, dont on se souvient des charges cinglantes, qui se prend désormais à évoquer l' inutile acharnement judiciaire contre un vieil homme malade et diminué (??). Bref, si quelqu'un s'acharne ce n'est certainement "pas nous, pas nous" ! Et qui celà peut-il être alors qui soit rancunier à ce point ? Je me le demande.

22 novembre 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Coup de blues aux cuisines

Troquet Bernard Vaussion, le Chef de l' Elysee n'en finit plus de se lamenter. Son travail ne semble plus être apprécié à sa juste valeur par le nouveau locataire de l'endroit. Bon, le Président est allé l'autre jour avec Jean-Claude Mailly chez Laurent. C'était difficile à avaler, mais sympa, il lui a glissé avec un clin d'oeil qu'il s'agissait d'initier en douceur le camarade aux délices du capitalisme bourgeois. Et puis Tonton le faisait aussi. Cécilia elle, qui déteste l'endroit autant que son protocole guindé, s'en était allée munie de sa carte Visa, déjeuner avec ses copines dans quelques restaurants Parisiens branchés. Bon débarras, de toute façon, elle fait la gueule. Le coup de la carte est mal passé et c'est bien fait.  Mais voici maintenant que Sarko invite les leaders syndicalistes étudiants dans un troquet du 16ème, afin de discuter accoudés au bar, des moyens d'évter à ces jeunes gens de nous faire perdre notre temps à la rentrée. Là c'est trop.  En plus il est tout le temps en voyage. La salle à manger présidentielle prend la poussière. Les belles nappes jaunissent dans les armoires et l'argenterie est astiquée sans grand entrain par la préposée qui en a la charge. Ce ne sont pas moins de 30 personnes qui tournent en rond à l'office et se demandent s'il reviendra. Il leur a dit qu'il voulait manger léger. Au début, emportés dans leur élan, ils avaient continué avec des têtes de veau ravigotte, du boudin blanc, de magnifiques lapins chasseurs en sauce et du boeuf miroton, comme le leur demandait si souvent le grand morphale qui occupait l'endroit auparavant. Mal leur en avait pris et il avait fallu rapido se renseigner sur des recettes plus adaptées à un sportif.  Il veut des sucres lents, qu'il leur a dit. Pâtes et riz. Un vrai désespoir de chef. Sans parler du sommelier qui contemple les 15000 bouteilles de sa cave, désormais abandonnée aux araignées.

Aux cuisines, le moral est au plus bas. Il reste bien la cantine du personnel. 300 personnes quand-même à nourrir tous les jours. Avec 2 plats du jours et un choix de 3 hors d'oeuvre. D'ici que ce service soit sous-traité à une société spécialisée, pour montrer à tous que la Présidence fait des économies...Il reste un espoir cependant. Si on ne sert plus à l' Elysée  des plats gastronomiques, nul doute que pour longtemps encore on y aura besoin de petites cuisines...

12 juillet 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tags Technorati: Cuisines de l' Elysee

La passion au pouvoir

francois-fillon-lm-story-pe_1 Voir notre Premier Ministre en combinaison de course enchaîner des tours rapides au volant d'un proto Courage LC75 qui a participé à la dernière édition des 24H du Mans, me laisse à penser que quelque chose est véritablement en train de changer dans ce pays. Car il y a quelques semaines encore nous aurions été dans le politiquement très incorrect. Et pour savoir (pour une fois) à peu près de quoi je parle, les temps affichés par François Fillon au volant d'une vraie bête de course, ne sont certainement pas à la portée du pékin moyen (1'50 sur le Bugatti). Moi je trouve celà très rassurant. Et si en prime, l'autophobie ambiante venait à être légèrement atténuée, nous nous risquerions à dire que décidément, quant la passion a ses raisons, la raison devient passionnante.

Et puis nous sommes au moins deux dans ce pays, à nous intéresser à la politique et aux autos. Ouf, je me sens moins bête.

09 juillet 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

L'heure de la soupe

soupe_2004 La stratégie de déverrouillage systématique du paysage politique français que conduit Nicolas Sarkozy avec une habileté et un aplomb qui laissent pantois, avance chaque jour davantage. Après les entrées fracassantes au gouvernement des socialistes les plus ouverts...à l'ouverture, les missions données aux plus compétents qui les acceptent de bon coeur, voici l'heure des grands exils des notables de gauche. Pourquoi ne pas envoyer DSK au FMI en effet, afin à la fois de mobiliser ses compétences dans une organisation internationale qui en a besoin et de le sortir simultanément d'un marécage dans lequel il s'enfonce avec le PS ? Rien de tel qu'une belle ambassade pour sceller des amitiés durables et éloigner les encombrants. Fabius, lui s'est méfié. Mais son départ annoncé du comité directeur du PS annonce probablement un mouvement.

Notre Jackass fut un des premiers a tourner casaque, ce qui ne pouvait surprendre personne. Après un ralliement négocié tardivement et de force, à la candidature Royal, puis un intermède touristique en forme de sas de décompression et de décontamination, le voici qui se pencherait bien sur l'évolution de nos institutions, comme le lui demande notre Président de la République, pour lequel d'ailleurs il ne tarit plus d'éloges. Le jeune et brillant Emmanuel Walls se tâte...Les gardiens du temple qui se sont d'abord déclarés offusqués, puis consternés par ces défections tentent d'afficher une attitude moins agressivement négative, conscients qu'ils sont, à la fois de l'état de l'opinion à leur égard et de la taille du piège qui leur est tendu. Et c'est ainsi qu'on entend désormais un Cambadélis nous parler d'opposition constructive ce qui, il est vrai, serait un programme en soi pour un PS en voie d'implosion. Il nous reste heureusement les Emmanuelli et les Mélanchon pour garder l'aile radicale et continuer à nous distraire. Et puis il y a Lieneman aussi, que ses parents ont bien fait d'appeler Marie-Noëlle. Je recommande son blog  à ceux qui pensent qu' une gauche social-démocrate modernisée est à notre porte. Avec un particulier son article sur Martin Hirsch, présenté comme "un dangereux faire-valoir du libéralisme le plus destructeur". Je crois bien qu'elle est dingue. Montebourg doit se demander que faire, tandis que Ségolène soigne une gueule de bois qui s'annonce carabinée.

Bref Nicolas Sarkozy se donne les moyens de conduire une politique susceptible de réunir l' adhésion de 60 à 70% des Français autour des grands axes de son plan de modernisation, en désamorçant l' opposition systématique tellement affligeante des leaders les plus crédibles du PS et en prenant le risque de décevoir ses partisans . On gromelle fort à l' UMP.. S'il y parvient, il aura rendu un immense service à ce pays. Au prix de quelques bols de soupe aux légumes ou à la grimace, c'est selon.

Mots clés Technorati : Ouverture politique, PS, DSK, FMI

07 juillet 2007 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

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