Intéressantes expériences vécues au cours de ces deux dernières journées. Je me suis risqué mardi à une de ces ventes aux enchères que les notaires tiennent régulièrement à Paris pour y vendre des immeubles. J'y suis allé un peu par curiosité, j'aime l'atmosphère électrique des salles de ventes, le stress qu'elles procurent et l'effet qu'elles provoquent chez mes contemporains. C'est toujours un spectacle. Un peu par intérêt aussi. Je visais un parking, très bien placé, dans un endroit où il n'y en a pratiquement pas. A Paris. L'affaire était présentée bien emballée avec un prix d' appel à 20000€. Peu de signes d'intérêt m'avait-on dit également chez le notaire (tous des menteurs). Bref, çà valait le coup de tenter...Le dit parking était présenté simultanément avec un appartement superbe, dans le même immeuble, qui lui s'annonçait à 1 million d' €. Une "affaire" aussi à ce prix là dont il ne fallait pas rêver quand-même qu'il soit maintenu, compte-tenu du marché actuel dans le quartier. Le spectacle de sa vente en vaudrait de toute façon la peine. Arrivé à la salle des ventes, première surprise, la queue des acheteurs éventuels s'allongeait sur le trottoir. Bigre...Il me fallut environ 45mn de lente progression pour montrer patte blanche, déposer les garanties nécessaires et me voir muni d'un badge m'autorisant à enchérir. Moi, qui ne supporte pas de faire la queue.. Et la vente commença...A peine 5 minutes plus tard, l'appartement était adjugé à l'extinction du deuxième feu à un acheteur étranger, pour 2 millions d' €..La bagarre avait été brève à coups de 50000€, ne laissant sur le champ de bataille que des candidats désespérés et bredouilles et un vieil Italien triomphant. Chance, il se leva avant que ne vienne le tour du parking. Je me sentais un peu mal à l'aise quand-même et décidait in petto de majorer de 50% le prix de base proposé, afin de me fixer une limite raisonnable à ne pas dépasser. (oui, je sais mais nous sommes à Paris.. ). 2 minutes plus tard, mon prix était explosé et 5 minutes plus tard, ces quelques m2 en sous-sol étaient adjugés pour la bagatelle de 64000€ à un Monsieur tout à fait content. (on espère qu' il y mettra une Bentley). Il ne me restait plus qu'à faire 20mn de queue pour récupérer mes papiers et ma caution. Retour bredouille, mais de bonne humeur, il n'y avait pas photo. Le tout m'avait pris un peu plus d'une heure.
Le lendemain, il me restait à aller faire établir une carte grise en Préfecture. Parking non, mais voiture oui, compris ? Donc direction la Préfecture, Service Cartes Grises , muni de tous les ingrédients nécessaires doublement vérifiés. Et là horreur, queue sur le trottoir devant l'entrée. Comme hier, je suis maudit. Bon, pas tout à fait la même ambiance, c'est sûr. Tout le petit peuple bagnolard s'était sans doute donné rendez-vous aujourd'hui. Première étape, queue jusqu'au "donneur de numéros" et de leçons d'ailleurs, (personnage étrange dans une administration, catogan, boucle d'oreille, Tshirt bariolé et gilet cuir !) abrité derrière son comptoir et qui est préposé à la vérification des documents qui vous sont nécessaires. Louable intention afin de vous éviter de fastidieuses et inutiles attentes. Sauf qu'il me fallut 25mn pour parvenir jusqu'à lui. Evidement, le pittoresque compliqué est toujours devant soi dans une queue. Avec des histoires pas possibles et toute la France qu'on aime de partout aujourd'hui mais dont on ne comprend pas toujours toutes les subtilités administratives. Je passe le cerbère, on me remet un ticket sur lequel, horreur, ile est inscrit que 20 numéros me précèdent. Chance, je peux m'asseoir. Problème, j'ai le dos à l'afficheur. A chaque coup de gong, je me retourne comme un idiot, sans doute dans l'espoir secret de voir mon 487 apparaître soudain derrière le 468..Vient enfin mon tour, et l'opération est expédiée de manière efficace et courtoise par un employé en cravate, qui ne perd pas son temps en discussions inutiles avec tous les usagers, la plupart du temps dépenaillés, qu'il toise de derrière son comptoir avec hygiaphone. Restait un détail, payer l' Etat. On ne paye pas l' Etat comme çà, même si désormais il prend les Cartes Visa. Surtout s'il y a 3 agents qui débitent des Cartes Grises et un seul caissier. Donc re-numéro et re-20 usagers volontaires devant moi, toujours avec la chaise de dos et toujours avec le plus malin que les autres qui essaye d'expliquer...Après deux heures de ce combat, je ressortais, muni de ma carte grise.
J'en ai tiré la leçon suivante. Dans ce pays on fait la queue tout le temps. J'ai même découvert des queues de nantis.... Mais techniquement Il faut deux fois moins de temps pour dépenser 2 millions d' € que pour faire établir une carte grise à 200€. Je pense que c'est un signe de bonne santé, non ?
En passant merci à celle qui a fait si souvent à ma place cette corvée sans protester. Autant de fois que mes lubies de collectionneur m'ont conduit à changer de voiture. Ce qui fait un peu.. ! J'en vois qui rigolent, silence dans les rangs.
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